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Comment bien démarrer un projet de site web d’entreprise ou d’association ?

Mise à jour : Lundi 7 janvier 2013

Certains projets de sites internet échouent ou s’enlisent durant des années, car leurs responsables manquent souvent d’objectifs précis et pragmatiques. Certes, contrairement à un architecte qui construit un pont ou un immeuble, le gestionnaire de projet d’un site web ne risque pas de mettre en péril la vie des internautes. Mais combien d’heures sont-elles gaspillées en raison d’une mauvaise planification; sans compter la frustration des utilisateurs: “je ne veux pas lire le blog du directeur, j’ai juste besoin d’une simple adresse de contact”. Il faut dire que certains professionnels ne manquent pas une occasion de mettre en avant la dernière avancée technologique à la mode. Qui n’a pas son CMS (système de gestion de contenu), son blog, son Wiki ? “Vous êtes encore au Web 1.0 ? Il faut absolument vous mettre à jour, cher Monsieur. Aujourd’hui, il faut faire de l’Ajax et du Web 2.0 pour être dans le coup !” Avant Ajax, c’était Flash, et avant Flash c’était Java. On croirait presque assister à la promotion d’une marque de détergent universel.

Ce que recherchent les visiteurs
Le budget est souvent déterminé par les choix techniques, tandis que le contenu reste pour le site lambda le parent pauvre: les photos sont récupérées sur internet, les textes bâclés et approximativement traduits. En tant qu’utilisateur, lorsque nous surfons sur un site d’entreprise ou d’association, nous préférons pourtant tous un contenu textuel riche, pertinent par rapport aux informations que nous recherchons, pensé pour le web et bien écrit, sans erreurs de traduction, avec des photos originales et de qualité, le tout agrémenté d’une interface rapide et simple à utiliser. Pourquoi ces critères ne sont-ils évoqués que de manière superficielle dans un projet de site web ? Aucun visiteur de site internet (non spécialiste) ne va se dire: “ce site est nul, car il n’utilise pas du PHP, n’est pas conforme à 100% aux spécifications web ou ne fait pas de podcasting”.

Investir dans “le contenu est roi”
Programmeurs ou webmasters jouent un rôle – trop ? – important dans les projets de site web en raison de la complexité des problèmes techniques et ont tendance à focaliser les enjeux autour de leur résolution. La comparaison est risquée: mais aucun auteur ne laissera le soin à un maquettiste de réorganiser le sommaire d’un livre ou modifier sa prose pour résoudre ses problèmes de mise en pages. Payer des heures de programmation ne pose généralement aucun problème. Consacrer une partie du budget pour réaliser de bonnes photos – et surtout originales – payer un véritable rédacteur-concepteur, un traducteur, dans une moindre mesure un graphiste professionnel suscite immédiatement la méfiance, voire un sentiment de gaspillage chez certains clients. Certes, tout le monde sait utiliser un logiciel de traitement de texte ou un appareil photo numérique, alors que les bons programmeurs sont rares. Mais à quoi bon investir la quasi-totalité d’un budget dans la réalisation technique pour diffuser un contenu d’une qualité inférieure  ?

Comment réaliser les choix techniques ?
Les budgets ne sont pas extensibles et des choix doivent être faits. L’adage “qui peut le plus, peut le moins” fonctionne aussi sur Internet. Mieux vaut un site revu à la baisse, mais professionnel dans tous ses aspects et répondant aux besoins réels des internautes, qu’une collection de “buzz words” (mots dans l’air du temps et générateurs de rumeurs): des wikis ou des forums laissés à l’abandon, des blogs ou des CMS jamais mis à jour, ou s’ils le sont, avec des informations redondantes ou qui n’intéressent personne. Bien entendu, tous ces outils ont leur rôle à jouer dans la communication moderne. Le choix technique ne doit simplement pas précéder, mais découler de la définition des objectifs du site web qui eux dépendent des besoins des visiteurs et des propres objectifs de communication de l’entreprise.

A titre d’exemple, en fonction du type de site, il sera possible de privilégier:

  • la rédaction du texte en plusieurs langues et aux illustrations sur un site institutionnel de présentation d’une entreprise ou d’une association,
  • des présentations multimédias sous forme de vidéos ou d’animation sur un site événementiel, par exemple pour le lancement d’un nouveau modèle d’automobile,
  • des techniques de marketing viral pour un site politique ou un lancement de produit,
  • des outils communautaires comme des forums de discussions pour le support clients (logiciels, produits industriels, etc.), à condition de prévoir un modérateur pour répondre aux questions,
  • une approche plus personnalisée de l’information avec des blogs pour le site d’un média dont les journalistes SONT des rédacteurs professionnels,
  • un système de catalogue performant et le paiement sécurisé pour un site de shopping en ligne,
  • les possibilités offertes par Ajax de mettre à jour une page sans rechargement pour un site applicatif comme un intranet dont la productivité est essentielle.

A moins de bénéficier du budget d’une multinationale, et encore, ces choix impliquent que d’autres “bonnes idées” doivent être abandonnées. Vouloir embrasser tous les “buzz words” à la mode conduit inévitablement à une impasse: il est très difficile – et inutile – de suivre à tout prix l’évolution trépidante du web. L’énergie consacrée devrait plutôt être utilisée à l’amélioration du contenu qui, en fin de compte, est le principal déterminant du succès d’un site.